Archives de catégorie : Les activités et animations au foyer

Les activités du foyer sont menées par des professionnels permanents.
De nombreux bénévoles de tous âges animent également des ateliers.

Challenge – Tous aux fourneaux

   Quatorze personnes en situation de handicap ont participé à la finale  Alsace-Lorraine du concours « Un pour tous, tous pour un », hier après-midi au lycée Alexandre-Dumas.

« Il a l’impression d’être à Top Chef, il est un peu stressé » plaisante Laura. L’éducatrice de Schiltigheim épaule Sylvain dans la confection de son « Choc’ gourmand ». « C’est lui qui a trouvé la recette en fonction des aliments qu’il aimait. » Dans chaque équipe, une personne en situation de handicap est accompagnée de son éducateur et d’un professionnel de la restauration.

Le thème retenu pour la 19e édition du challenge « Un pour tous, tous pour un »,
c’est le cupcake.

 

 

 

Sous le regard de Vanessa, Théo dépose minutieusement la farine dans le récipient. « On a fait le choix de dénaturer le cupcake, révèlent les candidats issus de l’ITEP de Scharrachbergheim.

 

 

À la base, c’est un dessert qui peut être un peu sec, c’est pour ça qu’on veut le couper avec du citron, sur le modèle de la tarte meringuée. »

À l’issue des deux heures d’épreuve, le jury constitué de professionnels du médico-social ainsi que de représentants de l’entreprise Sodexo (à l’initiative du challenge) évalue les réalisations.

Les critères retenus sont évidemment le goût et la présentation mais aussi l’accompagnement de la personne handicapée. Le budget est également pris en compte : afin d’être reproductible en restauration collective, le dessert ne doit pas coûter plus d’1,50 € par personne.

 

 C’est Michèle, du foyer « Le Buisson Ardent » à Schiltigheim, qui a remporté le challenge Alsace-Lorraine avec son « Cœur Citron » hier au lycée hôtelier. Elle participera à la grande finale nationale qui réunira huit candidats des quatre coins de France le 29 juin dans la prestigieuse école Lenôtre à Plaisir (78). Le cupcake vainqueur sera ensuite intégré aux menus de l’entreprise de restauration collective à la rentrée prochaine.

Il faut saluer l’action de la trentaine de bénévoles, par Dina Abitbol

« Pour certains résidents, le Buisson est l’essentiel de leur famille »

Dina Abitbol a travaillé comme éducatrice dans le secteur public pendant vingt ans
Dina Abitbol

Dina Abitbol a travaillé comme éducatrice dans le secteur public pendant vingt ans. Elle est depuis 2011 la directrice du Buisson Ardent ; une mission qu’elle exerce avec beaucoup d’énergie et de générosité.
 

 

Quelle est la spécificité du Buisson Ardent ?

Dina Abitbol : C’est le seul foyer de vie pour handicapés mentaux adultes de France qui vit au rythme du calendrier juif et dont la nourriture est casher. Les résidents sont majoritairement de confession juive et ont la possibilité, s’ils le souhaitent, de célébrer shabbat et les fêtes juives. La laïcité à l’alsacienne, plus ouverte, compte pour beaucoup dans l’existence de ce foyer confessionnel.
Il existe à Paris des établissements juifs comme celui-là mais qui accueillent des adolescents ou des personnes vieillissantes. Ici nous accueillons des adultes à partir de 20 ans et nous les gardons aussi longtemps que possible. Notre doyen a aujourd’hui 76 ans. Nous accueillons 25 personnes – 21 vivent sur le site et quatre habitent dans des appartements à proximité mais sont suivis par nos équipes et viennent fréquemment au foyer. Le Buisson Ardent était d’abord installé, à partir de 1987, dans des locaux situés déjà à Schiltigheim, rue de Haguenau. Mais il a fallu trouver un site plus aux normes et les nouveaux bâtiments, dans lesquels le Buisson est installé depuis 2006, ont été construits en tenant compte des besoins et du fonctionnement de la maison.

On ne peut parler du Buisson Ardent sans parler de l'Apaj ?
D.A. : En effet. L’établissement émane de l’Apaj qui en est l’association gestionnaire.
Nous fonctionnons avec les fonds du département de façon autonome mais l’Apaj nous apporte un soutien financier qui nous permet de donner un supplément d’âme à la Maison et de joie aux résidents. C’est grâce à son aide que nous avons par exemple pu emmener au mois de mai tous les résidents et seize accompagnateurs dans un lieu magnifique en Israël. L’Apaj finance aussi les buffets que nous proposons à Hanouka ou à Pourim ou les sorties aux sports d’hiver.
Et il faut saluer l’action de la trentaine de bénévoles très investis de l’Apaj qui donnent énormément aux résidents. Les fondateurs, Loup et Colette Meyer-Moog, étaient également responsables des EI et leur idée était que les scouts (et d’autres) animent la vie juive du Buisson. Cette tradition a perduré : des jeunes – un peu moins en ce moment, je lance un appel ! – viennent le shabbat ; en semaine des dames animent des travaux manuels ou parlent avec les résidents de la prochaine fête juive.

Avez-vous un souhait particulier pour l'avenir ?

D.A. : On aimerait obtenir un agrément pour disposer de cinq places médicalisées.
Nous avons actuellement au moins trois résidents qui devraient bénéficier d’un accompagnement médicalisé et que nous risquons de ne pas pouvoir garder longtemps si nous n’obtenons pas très vite l’agrément nécessaire. Il faut savoir que pour certains résidents, le Buisson ardent est l’essentiel de leur famille.

PROPOS RECUEILLIS PAR NATHAN KATZ.

Joie et créativité au Buisson Ardent

Le gala du Buisson Ardent, le foyer de vie porté par l’Association des  parents et amis des handicapés juifs (Apaj), s’est déroulé dimanche 12 février dans les locaux de l’établissement.


Il régnait une atmosphère de joie très particulière ce dimanche après-midi à Schiltigheim (commune voisine de Strasbourg), sur le site vert et lumineux du Buisson Ardent. Le bonheur des résidents du foyer, des adultes handicapés mentaux, de partager avec le public les chansons (« Evenou chalom », « Dis-moi Céline »…) et les danses (du hip-hop notamment) apprises et répétées pendant des mois ne pouvaient en effet qu’être contagieux et toucher les 150 amis venus témoigner de leur soutien à l’Apaj.
« On organise un gala tous les deux ans, mais c’est la première fois qu’on le fait au sein du foyer. L’objectif du gala n’est pas de récolter des sous, c’est de faire savoir qu’il y a ici un foyer qui fait un travail merveilleux pour les handicapés juifs dans une ambiance familiale ; c’est aussi l’occasion de montrer aux donateurs où va leur argent », explique Michèle Jablon, présidente depuis une dizaine d’années de l’Apaj.
L’Apaj, sans qui le Buisson Ardent n’existerait pas, a été crée en 1980 par un groupe de parents de personnes handicapées mentales juives. La création d’un foyer adapté est rapidement apparue comme une nécessité.
Le foyer a vu le jour, grâce à un legs, dès 1987. Le foyer est passé par bien des difficultés mais est aujourd’hui une maison reconnue, dont les 25 résidents – l’établissement compte autant de salariés – viennent de toute la France (région parisienne, Grenoble, Toulon, etc. ). Nolwenn Gesang intervient chaque semaine depuis six ans au sein du Buisson en tant que danse-thérapeute.
Les spectateurs ont pu admirer sa capacité à faire progresser, avec douceur mais sans infantilisation, les résidents dans la pratique de la danse. « La danse offre une meilleure conscience de soi, de son entourage et des autres, explique-t-elle. Les handicapés mentaux perçoivent leur corps comme quelque chose d’instrumentalisé dans le soin ou comme le lieu de pulsions sexuelles dont ils ne savent que faire. La danse leur permet de développer un rapport plus authentique au corps, propice à l’échange. »
En quoi la pratique de la danse est-elle différente pour les handicapés mentaux juifs ? « D’abord, la kipa tombe tout le temps, note-t-elle en souriant. Ensuite, le fait d’avoir la foi peut faciliter les choses car la danse est une activité spirituelle. »

NATHAN KATZ pour

Voyage en Israël en 2016

A l’instar des fêtes qui animent la vie du Buisson Ardent – BA – , le  voyage en Israël a été un sujet de débats animés depuis son annonce. Il suffisait de discuter avec  les visiteurs du BA pour s’en rendre  compte.

Ce voyage a été le fruit de longs préparatifs par les résidents, mais aussi par les collaborateurs. Une logistique minutieuse a été mise en place. Il convient de les remercier tous pour leur implication, leur professionnalisme et en citant tout particulièrement Dana qui a été l’âme de ce projet et Dina Abitbol en sa qualité de Directrice du foyer.

La volonté de faire participer tous les résidents, dans toute leur diversité de comportement et de santé a été un autre défi.

Pour ce faire, lors du voyage, 3 groupes ont été composés afin de respecter le rythme de chacun.

Aux aurores le 23 mai, 39 personnes, 16 accompagnateurs, tout corps de métiers confondus (cuisinières, agent de service, éducateurs, psychologie, art thérapeute…) salariés du Buisson Ardent, ont encadré pendant 8 jours 23 résidents (deux de nos résidents n’ont pu faire ce voyage pour des raisons de santé) en Israël.

Un infirmier diplômé d’Etat a suivi le groupe au long du voyage, assurant le suivi médical , les traitements en cours et toute la petite «  bobologie »

Le séjour a eu lieu dans le magnifique kibbutz hôtelier, pieds dans l’eau, de Narsholim Hof Ayam, point de départ de la découverte du pays. Les plages de sable fin, étaient surveillées, permettant à chacun de profiter de petits temps de marche au bord de l’eau, ou de baignade en toute sécurité. Les excursions ont permis de découvrir Haifa, Ako, Massada, Ein Gedi, le lac de Tibériade et bien entendu Jérusalem. « Nous étions en permanence accompagnés d’un soldat armé, ainsi que d’une guide francophone…ces personnes se sont rapidement attachées à notre groupe, et ont fait équipe avec nous , afin de garantir le confort et la sécurité de chacun. »

Les résidents ayant de la famille sur place ont en profité pour la retrouver.

Pour donner plus d’éclat au chabbat, deux jeunes filles aujourd’hui étudiantes en Israël , qui étaient assidues au BA lorsqu’elles vivaient à Strasbourg sont bénévolement venus rejoindre le groupe.

« Je pourrais vous raconter 1000 moments simples et parfois très compliqués à vivre…mais entre tous, je ne choisirai que deux moments très émouvants :

-La traversée en bateau du lac de Tibériade, temps magnifique, vue exceptionnelle, et de la musique traditionnelle israélienne diffusait, qui donne à tous envie de danser, de grandes rondes se forment….et tous ensemble, nous dansons et chantons la joie de se retrouver à vivre cette aventure dans ce si beau pays.

– les résidents qui pour certains allaient au Kotel pour la première fois, ont été saisis par ce morceau de notre histoire et ont su profiter de ce temps tout particulier pour exprimer des joies et des peines…

Notre retour à Strasbourg, étoiles dans les yeux s’est fait le 30 mai à minuit…accueillis par la pluie, mais le cœur encore rempli de cette joie de vivre tous ces moments ensemble. »

Nous tenons à remercier toutes les personnes qui nous ont soutenues, tant par leur implication, leur contribution financière, notamment le FSJU, Maurice Dahan qui nous a fait bénéficier de son expérience de Zihon Menachem et au Maguen David Adom qui a accompagné gracieusement le groupe à Massada.

Le souvenir de ce voyage, rendu possible par l’APAJ,  illuminera longtemps la mémoire des pensionnaires du B A et de l’équipe éducative.

Dina Abitbol, Guy Borg